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665 000 morts en Iraq...d'après le Lancet

Posted on jeudi, octobre 12, 2006 at 01:16PM by Registered CommenterLéviathan in , | Comments7 Comments

Le journal The Lancet s’était déjà fait remarquer en 2004 en évaluant à plus de 100 000 les victimes directes de la guerre et des opérations anti-terroristes de l’après-guerre en Iraq. Si la nouvelle avait fait sensation à l’époque auprès des milieux opposés à la politique étrangère américaine et surtout auprès de ceux qui, en toutes circonstances sont hostiles à la puissance « américano-sioniste », elle ne fit pas long feu tant elle était exagérée. L’onde de choc passée, le scandale d’Abu Ghraib prit le relais, cette fois-là, de manière tout à fait topique. Mais il faut relever que si nous pouvons tous tomber d’accord pour condamner la torture, lorsqu’il s’agit de guerre, l’attitude qui condamne par défaut toute puissance occidentale et Israël s’appuie sur un nombre incommensurable de mensonges, d’informations tronquées ou partielles et elle nous dépeint un tableau apocalyptique digne de l’enfer de Dante.

L’histoire est pourtant là pour nous rappeler que des régimes très peu fréquentables (URSS, Vietnam du Nord, Corée du Nord, etc.) ont profité de cette manne de l’opinion anti-occidentale/anti-libérale qui se cache derrière un anti-impérialisme qui a souvent confondu le terroriste adepte de l’idéologie totalitaire pour un combattant de la liberté. Dans les démocracies, il n’a jamais été difficile pour les séides de Moscou d’aller piocher dans les médias les arguments nécessaires pour délégitimer les actions de leurs adversaires du monde libre, de jouer sur la sympathie qu’attire sur elle la victime apparente car faible et de se poser enfin en défenseur de la veuve et de l’orphelin. Les nations prolétaires d’hier comme les intellectuels « alter-pensants » d’aujourd’hui jouent sur la sympathie spontanée que s’attire l’enfant battu, femme violée et l’homme aux os brisés en mille morceaux. Mais pourtant, il ne leur suffit pas de désigner l’injustice et de la combattre en vertu d’une rationnalité qui désigne pour fin l’extension de la sphère du droit et de la liberté à l’ensemble de l’humanité car ils doivent au contraire prendre la défense des cultures ou plutôt de la survie de particularismes culturels qui interdiraient à l’Occident d’uniformiser le monde sous la chape de la démocratie libérale.

Cette nécessaire défense de la culture est en réalité la pierre d’achoppement pour ceux qui éprouvent un fort ressentiment envers le monde libre, Occident et autres démocracies confondus, avant d’éprouver véritablement la compassion apparente et affectée qu’ils ont pour les victimes. Les victimes ne sont bonnes qu’à une chose et ce qui que soit leur bourreau: condamner l’Amérique et les Juifs essentiellement, la France parfois. N’est-il pas surprenant que l’on aura ressorti trente ans durant les crimes de guerre américains au Vietnam, aussi ténus soient-ils lorsqu’on les compare au  goulgag soviétique, aux camps de rééducation chinois ou encore aux crimes des nord-vietnamiens, alors que l’on peine à se souvenir de ces derniers, pour ne pas dire que l’on a souvent omis des les dénoncer en temps et en heure?

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J’ai d’abord pensé à commenter cette « statistique » mais c’est finalement un iraquien, Omar Fadil du très réputé blog ITM - dans les liens ci-contre à gauche - qui aura trouvé les mots poignants qui exprimer le désarroi de toute une partie de son peuple, jetée en pâture au désespoir par des occidentaux obsédés par leur anti-américanisme primaire et des terroristes qui craignent le « péril » démocratique qui guette l’Iraq.

Dans sa réponse, c’est un Omar exaspéré qui fustige, à mon sens à juste titre, cet establishment Occidental, le plus souvent de la gauche obsédée par l’impérialisme - un concept pourtant anachronique - et d’extrême-droite, qui se sert des déboires de l’administration Bush en Iraq pour servir ses intérêts politiques et électoralistes. Omar le souligne bien, le chiffre de 655 000 victimes est non seulement très largement exagéré (la réalité se situe entre 40 000 et 45 000) mais surtout, il permet de jubiler.

Ce macabre décompte, mis en avant par des moyens statistiques discutables parce qu’autrement impossible à atteindre, sert une politique partisane, il ne rend pas compte des faits. Surtout, il dévoile un aspect sordide de la psychologie de l’anti-américain ou de l’anti-républican dogmatique : l’absence d’inhibition à s’adonner au commerce du sang, à l’exploitation du biais sensationnaliste des médias et à une autosatisfaction à peine masquée.

Autosatisfaction car si George Walker Bush est un président de guerre, ce n’est pas non plus le croisé ou le fasciste qui fût abondamment décrit dans les colonnes des journaux anti-républicains américains et autres publications européennes et arabes. C’est parce que la réalité ne correspond pas à ce qu’on devrait appeler la propagande ou le lynchage anti-Bush qu’il a fallu recourir à un décompte des morts qui ne faisait pas appel au simple comptage, cas par cas, mais à une extrapolation faite à partir du témoignage de familles qui, parce qu’insérées dans une localité particulière, ne permettent pas se faire une idée exacte de la situation générale.

Devrais-je dénoncer un sophisme ou rappeler que certains morts n’ont malheureusement pas l’heur de provoquer la mobilisation du moindre pacifiste de la gauche anti-impérialiste? Le sang iraquien à autant de valeur que le sang libanais parce que tous deux permettent de s’en prendre aux É-U et à Israël … donc, le sang qui coule à flots au Darfour n’intéresse personne.

Lire le texte d’Omar

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Reader Comments (7)

Ce que je vois, c'est qu'on essaye de faire de Bush le "meurtrier", or si il est vrai qu'il est "responsable" ( même si ce mot dans le contexte actuel irakien n'a plus grande signification ), il ne faut pas oublier que les meurtriers ne sont pas ( ou alors à de très rares occasions ) les américains, mais bien soit d'autres Irakiens soit des "volontaires arabes", brigades internationales venues de Syrie, d'Egypte ou d'Arabie Saoudite !

Que l'armée américaine et ses alliés n'arrivent pas à rétablir l'ordre, c'est une chose, mais de là à leur faire endosser tous ces morts, c'est en effet limite.
octobre 13, 2006 | Unregistered CommenterKoenigstiger
Bonjour,
je fais la même analyse que Koenigstiger.
Bush est devenu le bouc émissaire bien pratique pour certains Irakiens, arabes d'autres nations et organisations islamistes, sans parler des occidentaux antiaméricains qui, en général d'ailleurs sont aussi antisémites.
Alors ceci étant dit, je ne suis pas spécialement "Républicaine", certains côtés conservateurs de ce parti me dérangent. Par contre, je pense que Bush ne porte pas sur ses épaules la responsabilité de l'échec relatif en Irak pour une paix civile. L'Iran principalement est un fournisseur important de fanatiques prêts à tout.
Les Irakiens ont eu la chance de se voir débarasser de la bête immonde Saddam Hussein, mais ils n'ont pas su faire l'apprentissage de la démocratie et de la solidarité nécessaires pour reconstruire un pays normal.
Quel gâchis quand on connait les ressources de l'Irak et tout ce qui pourrait être fait pour que le peuple Irakien dans sa diversité puisse vivre en paix avec un système économique fort.
octobre 13, 2006 | Unregistered Commenterstella vidal
Je crois que les Américains ont réellement voulu établir une démocratie en Iraq et cela pour au moins deux raisons : d'abord, il est inimaginable pour une puissance occidentale, tellement surveillée par les médias et l'opinion publique, de remplacer une tyrannie par une autre et ensuite parce que les néoconservateurs influençaient fortement la politique américaine durant le premier mandat de G W Bush et que la démocratisation était perçue par eux comme étant un moyen de servir les intérêts des É-U.

En revanche, cet "utopisme" néoconservateur n'a pas tenu compte des réalités au Moyen-Orient, à savoir que l'humeur de ce début de siècle y est farouchement hostile à la libéralisation des moeurs, en particulier politiques.

Ce que les anti-américains occidentaux ne veulent pas comprendre, sciemment ou non, c'est qu'on ne peut pas reprocher aux américains d'avoir suscité des vocations terroristes sauf à déplorer qu'un peu de liberté laisse également la voie libre aux vocations terroristes. Dans ce cas, il faut choisir : si on prétend défendre la liberté alors il faudrait cesser d'adopter une attitude qui justifierait qu'on enferme les arabes dans des dictatures pour éviter de nourrir le terrorisme.

Bien sûr, on pourra toujours faire preuve de compréhension envers les peuples occupés mais alors, il faudrait expliquer pourquoi les "résistants" ne sont en aucun cas des combattants de la liberté mais plutôt autant de factions qui voudraient créer un nouveau régime totalitaire, bref, de nouveaux bourreaux!

Je ne crois pas qu'on puisse défendre la liberté et apporter notre caution à ces sinistres individus. Aujourd'hui, il n'existe pas en Iraq le moindre groupe prônant la résistance armée qui puisse être appelé armée de libération!
octobre 14, 2006 | Unregistered CommenterLéviathan
""Je crois que les Américains ont réellement voulu établir une démocratie en Iraq ""

Et aujourd'hui c'est Al Qaida qui décide d'établir une république islamiste sunnite en Irak !
octobre 16, 2006 | Unregistered CommenterMarie
Ce site est-il commandité par les pro-bush ou les pro-sionistes ?
août 4, 2007 | Unregistered Commenterwhiski
Peut-être les deux, mon cher...

D'autres questions?
août 5, 2007 | Registered CommenterLéviathan

Deux remarques: lancet est une revue de recherche médicale à comité de lecture et non un organe de propagande politique, cela signifie qu'une critique des articles qu'il publie devrait se faire non sur le plan politique, mais sur le plan scientifique.
Ensuite, le "vrai" chiffre avancé (40 000-45 000) était, je suppose celui de l'organisation "iraki body count" l'année dernière. Il désigne les victimes civiles d'actions militaires et non la simple surmortalité dans le pays. Il faut comparer ce qui est comparable.

septembre 27, 2007 | Unregistered CommenterBeurk

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