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Ces musulmans qui disent non à l'islamisme
Mohamed Sifaoui récidive et pour le meilleur. ARTE a en effet diffusé un reportage le mardi 28 août 2007 intitulé « Ces musulmans qui disent non à l’islamisme » dont lw premier volet est consacré au combat de Mohamed Sifaoui et de bien d’autres « musulmans démocrates » contre le totalitarisme islamiste.
Le même Mohamed Sifaoui en fait une présentation sur son blog que chacun peut lire avant de visionner le reportage sur Dailymotion (ou sur ce blog).
Un homme en colère, première partie (sur Dailymotion)
Un homme en colère, troisième partie (sur Dailymotion)
Pascal Boniface épinglé
Addendum du lundi 26 février 2007 : J’ai ajouté à la suite de cette entrée mon commentaire de l’article reproduit ici.
« Pascal Boniface est Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’Etudes européennes de l’Université de Paris 8 ». Le profil de Pascal Boniface sur le site de l’IRIS est impressionnant. Et ce dernier commet également, assez régulièrement, des articles pour l’hebdomadaire tunisien Réalités.
Or, à la lumière de sa dernière dépêche, force est de constater que cette collaboration n’est pas placée sous l’autel de la précision historique et de la rigueur méthodologique qu’on serait en droit d’attendre d’un universitaire présentant de telles qualifications.
Vous trouverez, ici-bas une capture d’écran de la dernière livraison du politologue, intitulée « Dépenses militaires américaines : la démesure ». Cette livraison, je m’abstiendrai de la commenter, préférant laisser à chacun le loisir de découvrir où le bat blesse dans cette analyse (vous pouvez cliquer sur l’image pour accéder à l’article sur le site de Réalités, du moins le temps où il sera effectivement présent à cette adresse).
L’idée me vient, cependant, que cet article est adapté au lectorat du magazine tunisien: idéologiquement anti-américain et donc peu sourcilleux sur la validité d’arguments qui confirment des idées toutes faites.
L’URL de cet article est, en date d’aujourd’hui, 22 février 2007, la suivante : http://www.realites.com.tn/index1.php?mag=1&cat=/1110CHRONIQUES/5Horisons&art=16729&a=detail1
Voici le commentaire de l’article commis par Pascal Boniface pour le magazine tunisien Réalités. Dans ce commentaire, je ne discuterai que les chiffres avancés par l’auteur et les conclusions qu’il tire d’une mauvaise interprétation de ces données statistiques.
Parce que je n’ai pas l’intention d’entrer dans le débat politique et idéologique qui se joue entre antiaméricains et atlantistes, entre altermondialistes et partisans d’une mondialisation libérale, entre « tiers-mondistes » et « impérialistes », les déclinaisons étant virtuellement innombrables, je m’abstiendrai de commenter la deuxième partie du texte de l’auteur (i.e. les trois derniers paragraphes).
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Revenons donc à la partie du texte qui nous intéresse : Pascal Boniface ne compare pas, dans son texte, les comparables. Il ne tient pas compte, notamment, de l’inflation qui change au cours du temps le pouvoir d’achat du dollar.
En effet, il déclare :
« La guerre d’Irak a d’ores et déjà coûté aussi cher que la guerre du Vietnam, soit 660 milliards de dollars. »
La question est de savoir si Boniface parle en dollars constants ou en dollars courants. En effet, 660 milliards de dollars dépensés entre 1962 et 1975 au Vietnam n’ont pas la même valeur aujourd’hui. Du fait de l’inflation moyenne de ces quarante dernières années et en particulier de la forte inflation des années 1980, les 660 milliards de dollars années 1962-75 (je prendrai pour référence l’année 1968 où l’effort de guerre américain au Vietnam culmine) valent en 2006 481,51% de leur valeur initiale soit 3178 milliards de dollars (source : http://inflationdata.com/inflation/Inflation_Rate/InflationCalculator.asp)
Pascal Boniface affirme ensuite que la guerre contre le terrorisme a coûté plus cher que la guerre froide :
« En 1989, avant la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis avaient en dollars constants dépensé 450 milliards de dollars. La guerre contre le terrorisme coûte donc bien plus cher que celle contre l’Union soviétique. »
Cette fois-ci, il parle de dollars constants mais il ne précise pas quelle est l’année de référence. Parle-t-il de dollars constants 1989 – auquel cas il est en train, en réalité, de comparer des dollars 1989 en valeur – ou de dollars 2006? Est-il crédible de dire que la guerre froide dans son entièreté (de 1947-8 à 1989-91) n’a coûté que 450 milliards de dollars c’est-à-dire manifestement moins cher que la guerre au Vietnam qui en fait partie et que la guerre au terrorisme qui lui succède dix ans plus tard?
Inversons le calcul précédent et tâchons de savoir ce que 660 milliards de dollars en valeur d’aujourd’hui valent en 1968 : 137 milliards de dollars. Ces mêmes 660 milliards valent en dollars 1989 environ 402 milliards de dollars (inflation de 64% entre 1989 et 2006).
Allons donc voir les chiffres avancés par le Center for Defense Information :
Un rapide coup d’œil aux données du CDI nous confirme que ces 450 milliards de dollars de dépenses militaires ne concernent que la seule année 1989 (http://www.cdi.org/news/mrp/us-military-spending.pdf).
Nous relevons, de plus, que ces 450 milliards sont en dollars constants 2004 et non 1989, ce qui les rend immédiatement comparables aux 660 milliards de dépenses pour la guerre au terrorisme. Nous sommes donc certains que 660 milliards de dollars dépensés en cinq années de guerre au terrorisme sont strictement inférieurs à 450 milliards de dollars constants 2004 dépensés dans la dernière année de la guerre froide. Les cinq dernières années de la guerre froide ont, en effet, coûté au contribuable américain la somme de 2163,5 milliards de dollars constants 2004.
Le total des dépenses militaires en période de guerre froide, de 1948 (date de l’adoption de la NSC-1968, sorte de livre blanc de la stratégie américaine pour la guerre froide des années Truman et Eisenhower) à 1989 est donc de (toujours selon les données du CDI) 14 256,3 milliards de dollars constants 2004.
La guerre froide a coûté en quarante-deux ans de budgets militaires près de 21,6 fois l’effort des cinq années de guerre au terrorisme de l’administration Bush. Si d’aventure l’effort militaire américain devait se maintenir à ce rythme ou légèrement augmenter, il devrait rester pour les trente-sept prochaines années (42 moins les 5 premières années de guerre au terrorisme) inférieur à l’effort total consenti durant la guerre froide soit 5544 milliards de dollars constants 2004 si l’ont retient l’hypothèse de la stagnation à venir des dépenses militaires américaines.
Celles-ci devraient donc être multipliées, mais c’est une hypothèse plus qu’invraisemblable, par plus de trois pour dépasser le montant total de l’effort consenti du temps de la guerre froide.
Quand bien même les É-U consentiraient à un effort budgétaire pour la guerre au terrorisme, en valeur, égal à l’effort budgétaire de la guerre froide qu’en termes relatifs, cet effort là serait quand même inférieur.
Explications : l’Amérique, depuis le demi-siècle de guerre froide, s’est considérablement enrichie. L’effort financier représenté par la guerre froide et qui lui faisait parfois allouer jusqu’à l’équivalent de 9,4% de son PIB aux militaires ne représenterait plus une telle part de sa richesse nationale aujourd’hui.
Par exemple et pour s’en tenir aux chiffres cités par Pascal Boniface, il faut relever que les 450 milliards de dollars de budget militaire en 1989 représentaient 5,6% du PIB 1989 (http://www.truthandpolitics.org/military-relative-size.php) mais la même somme ne représentait en 2004 (PIB en valeur de 11657,3 milliards – source OCDE) que 3,85% du PIB!
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Voila donc quelques calculs qui permettent de réfuter toutes les affirmations contenues dans le premier paragraphe de l’article de Pascal Boniface. Ce poids considérable de la dépense militaire américaine dans la dépense militaire mondiale est donc bien plus imputable au succès économique des É-U qu’à une prétendue course aux armements menée en solitaire par Washington.
L’effort militaire américain n’est pas disproportionné mais il est au contraire très proportionnel à la puissance de l’économie américaine. Les autres pays ne peuvent pas suivre parce qu’ils sont économiquement trop faibles et non pas parce qu’ils seraient plus raisonnables (d’ailleurs, faut-il voir en une Chine en voie de développement qui triple ses dépenses militaires une attitude raisonnable et voir en les É-U qui ne les augmentent que d’un tiers une disproportion grave, « une croissance exponentielle »?).
Effectivement, les É-U tirent profit de cette situation de fait qui confirme leur statut d’unique et d’insurpassable superpuissance mondiale même si nombre d’autres puissances devaient se liguer contre eux.. Le « moment unipolaire » n’a pas fini de durer.
Enfin, l’auteur ne tient pas compte des transformations de l’armée américaine. C’est aujourd’hui une armée professionnelle alors qu’au Vietnam c’était une armée de conscrits. De plus, l’équipement de haute technologie est devenu courant mais il n’y avait pas de bombes guidées laser au Vietnam. Et, pour une bonne part, les dépenses militaires américaines de ces cinq dernières années ne sont pas investies en Iraq et en Afghanistan mais dans divers projets ambitieux tels que le bouclier antimissile.
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Derrière la guerre au terrorisme se cache une autre stratégie américaine qui inquiète les russes et les chinois notamment : celui d’un décrochage technologique de ces deux pays. Décrochage par trop important et manifestement impossible à combler dans les décennies qui viennent.
Ce qui se dessine, c’est le renforcement de la suprématie militaire américaine dans le monde concomitamment à la bonne tenue de l’économie. Cette dernière enregistre en effet des taux de croissance qui sont parmi les plus élevés de l’OCDE. Nous assistons, en réalité, à une inversion de la tendance générale observée durant les « Trente glorieuses » où les européens et le reste du monde, qui étaient en 1945 dévastés par la Seconde guerre mondiale maintenus sous le joug colonial, ne sont plus en phase de rattrapage mais en phase de décrochage face à l’économie de référence, celle des É-U.
La Chine est la seule puissance qui se détache de cette tendance générale au déclassement. Mais les taux de croissance enregistrés par cette dernière sont moins le signe d’un rattrapage qui aurait pour horizon le standard américain que la sortie de la Chine du club des Pays les Moins Avancés. Il n’est pas acquis que l’économie chinoise soit en mesure de maintenir un taux de croissance moyen de 8-9% dans les années à venir. Les scénarii linéaires n’ont que rarement les faveurs du monde réel.
Soljenitsyne et la sensibilité du peuple Soviétique... et l'affaire des caricatures de Mahomet
Voici un étrange parallèle entre la manière qu’ont ces musulmans qui sont offusqués par la publication des caricatures de Mahomet et Georges Marchais, ancien Secrétaire Général du Parti Communiste, de défendre la censure si elle tend à empêcher que l’on porte atteinte à certaines susceptibilités.
Ici, Georges Marchais affecte de « comprendre » la censure Soviétique des écrits d’Alexandre Soljenitsyne.
Jugeons-en, en effet, par ces propos tenus par le SG Georges Marchais en 1974, à l’ORTF dans l’émission « Actuel 2 » : « Encore est-il que je me garde, moi, de me prononcer sur l’“Archipel du Goulag” compte tenu que c’est un livre qui atteint beaucoup la sensibilité et les lois mêmes du peuple Soviétique ».
Georges Marchais poursuivra en mettant en doute l’intégrité de l’écrivain dissident.
Georges MARCHAIS à propos d’Alexandre SOLJENITSYNE
Ce sujet a également été traité dans les articles suivants :
« Caricatures de Mahomet: réponse aux partisans de l’autocensure »
« L’islamisme, un totalitarisme qui a de l’avenir »
« Benoît XVI, la violence et l’islam: pourquoi le Pape s’est fait des ennemis »
Il n'a pas de bol!
Malek Boutih sur l'antisémitisme, l'antiracisme dévoyé et le sionisme
Reproduit avec l’autorisation de primo-europe.
A la une : Entretien avec Malek Boutih
Sophie Chauveau
Entretien Primo avec Malek Boutih
(Juin 2004)
De dix à vingt mille parisiens pour marcher contre l’antisémitisme, vous appelez ça un succès ou une défaite ?
Malek Boutih : Une victoire extrêmement importante puisqu’elle a permis de mettre les pieds dans le plat de ce débat non extériorisé qui traverse la société.
Celui de l’antiracisme?
Oui. Il fallait clarifier ce mélange savamment utilisé entre le conflit du Moyen-Orient et l’antisémitisme ici. Depuis toujours, je crois qu’il n’y a pas de lien entre ce qui se passe là-bas et la montée de la violence antisémite ici aujourd’hui.
Pour vous, il n’y aurait pas de relation entre ce qui se passe ici et là-bas?
Seulement comme prétexte. Il n’y a pas de nouveauté: les antisémites ne disent jamais clairement :” je n’aime pas les juifs ”, ils trouvent des prétextes au-dehors. Et bien ce brouillard-là a été clarifié par la manif. Affirmer qu’on marchait contre la violence antisémite et ne pas la mêler avec tous les racismes, sortir du verbiage, c’est ce que SOS-Racisme a réussi à signifier ce jour-là.
Peut-on détailler un peu ces contradictions?
Il y a toujours un combat antiraciste général et des formes de racisme particulières qui demandent des investissements particuliers. C’est le cas de l’antisémitisme. Les Juifs, c’est pas l’étranger, c’est pas un problème d’intégration, c’est pas un rapport nord-sud ni un reliquat des anciennes relations coloniales… C’est quelque chose de plus profondément ancré dans la culture européenne, la construction symbolique du bouc émissaire par excellence. La manif a permis le débat là-dessus et de comprendre comment le glissement sémantique fait qu’on s’enferme dans des impasses.
il n’est que sémantique, le glissement ?
On n’en est pas à accuser les organisations de participer directement à la propagande antisémite. On a démontré à une partie de l’opinion publique le danger : quand on commence à absorber une petite dose d’idées pernicieuses, on est vite conduit à absorber le tout. En particulier sur ce qui se passe au Moyen-Orient, sur la confusion des termes. Ça montre où ont lieu les glissements. La manif a fait une piqûre de rappel, chacun peut être aussi amené à glisser.
A qui profite ce glissement ?
Aux antisémites d’abord, ça apporte de l’eau à leur vieux moulin. Aux négationnistes, toujours les premiers à faire l’amalgame entre les actes antisémites et le conflit là-bas. A l’extrême droite qui se trouve enfin débordée par plus extrême qu’elle, et puis, à tous les jeunes en pleine crise idéologique et politique.
Ils essaient de la sorte de se construire un nouveau discours. Une sorte de canada dry de l’antisémitisme : ils ne le sont pas, mais en ont la forme, la couleur, les propos … Ça leur évite de penser aux déplaisants problèmes du XXI ° siècle : les ghettos, les relations avec certains pays… L’antisémitisme remplit toujours le vide idéologique pendant les crises politiques et sociales.
Comment y remédier ?
le discours dangereux consiste à rentrer dans leur jeu. Il ne faut pas esquiver le débat mais toujours marquer une ligne de démarcation claire : refuser la jonction entre les deux problèmes : ici et là-bas. Quand certains membres de ces fameuses associations me critiquent moi, Malek Boutih, en tant que dirigeant politique, ils me traitent de pro-israélien.
C’est très intéressant parce qu’à ma connaissance, je n’ai jamais fait de déclaration sur le problème israélo-palestinien. Sinon sur la paix en général et le fait que je la vois avec deux pays pour deux peuples, ce que j’ai toujours dit avant que ça ne devienne un grand débat. Dès 2000, avec Patrick Klugman, j’ai montré une opposition frontale à l’antisémitisme. Penser que je suis pro-israélien parce que je défends les Juifs de France, c’est leur amalgame à eux.
Qu’en est-il de votre position aujourd’hui ? Le mot sionisme signifie quoi pour vous ?
Un nationalisme comme un autre. Avec ses aspects émancipateurs et oppresseurs. Le nationalisme est à la fois celui xénophobe et frileux de Le Pen et celui du Résistant Français de 40/45, il porte pourtant le même nom.
Si le sionisme n’est qu’un simple nationalisme, comment en informer ceux de nos concitoyens qui le considèrent comme un racisme ?
On ne peut pas se vivre en permanence dans la société de communication. Tout le monde ne partage pas l’avis des antiracistes dévoyés. Tout le monde n’est pas devenu antisémite. C’est aux responsables politiques de ne pas accepter ces glissements. La position de chacun doit être nette là-dessus. Sans frilosité. L’autre enjeu est celui de l’éducation que personne encore n’a su relever.
On oublie de repenser l’utilité de l’école par rapport à la société qui, elle, évolue et change très vite. Voir le sexisme qui n’est nullement enseigné en classe alors qu’on n’en est plus aux débuts de l’émancipation des femmes pourtant ! La permanence de l’idéologie sexiste indique qu’on doit enseigner l’antisexisme en classe.
Or, ça n’est pas fait et on considère encore que ça va se faire au-dehors, idem pour l’éducation antiraciste. Ce sont des priorités qui ne doivent pas relever d’opérations exceptionnelles mais d’un travail de fonds, du CP à la terminale.
Et ce travail au PS, vous l’envisagez comment ?
Je suis très frappé de l’inaction des pouvoirs publics, vous m’interrogez comme homme politique, je porte donc un jugement sur la politique actuelle: le gouvernement a du mal à passer des belles déclarations aux actes. On a privilégié une réponse policière devant l’insuffisance pédagogique.
Pour vous, l’urgence est d’abord éducative. Que préparez-vous au PS ?
On est un parti d’opposition, on doit avoir une attitude claire. Nous prenons notre part de travail militant en préparant un document pour nos adhérents sur l’antisémitisme et ses nouvelles formes.
[…]
Tout de même, les juifs de France n’ont pas pu oublier le rapport Boniface.
Je vous ferai dire que justement, Boniface a démissionné de la direction du PS, nous ne souhaitons pas inscrire le PS dans ce genre de rapport avec la société, c’est-à-dire aller dans le sens des communautarismes.[…] C’est révélateur d’une partie des leaders des associations juives qui ont tendance à en surajouter sur le PS.
Que voulez-vous dire ?
Très critiques envers le PS, silencieux quant à la droite qui serait parfaite.
Qu’il existe des juifs de droite parait normal. Ce qui nous inquiète, c’est plutôt le grand chagrin des juifs de gauche ou simplement des gens de gauche pour qui Israël compte et qui pensent que la France se doit d’être irréprochable envers tous les juifs. Face au PS, aujourd’hui ils se sentent abandonnés par leur parti de référence, en tout cas depuis la seconde Intifada.
Alors ça c’est autre chose. Il est sûr que la gauche de l’année 2000 jusqu’à l’élection présidentielle n’a eu ni la clairvoyance du phénomène auquel elle était confrontée (mais beaucoup de gens à l’époque ont cru à une bouffée de violence liée aux images) ni le courage pour utiliser le mot antisémitisme au moment où ça a commencé.
Et ensuite ?
Depuis, les choses ont beaucoup changé. Les prises de position ont été claires comme la volonté de ne rien laisser passer.
On en est toujours au niveau déclaratif. Le PS vient de gagner toutes les régions, quels actes sont prévus ?
Mais les déclarations, ça compte, ça rassure. L’action, elle, relève du gouvernement. Pourtant à l’échelle locale il se passe beaucoup de choses. Et sans polémiquer, je suis prêt moi-même si on me le demande, à donner un coup de main à l’éducation nationale pour créer une pédagogie antiraciste dans les écoles.
Et sur le plan international quelle est votre position personnelle quant au conflit du Moyen-Orient ?
J’étais invité et présent au moment de la déclaration des accords de Genève. Cette position est la seule qui vienne spontanément au coeur de tout être humain. Quelle autre solution que la Paix et le droit pour ces deux peuples de vivre dans un Etat? Genève a inventorié toutes les modalités pratiques. Ce n’est qu’une question de volonté politique désormais. De l’émergence d’une gauche israélienne assez forte. Idem chez les Palestiniens.
Certes, les conditions ne sont pas comparables dans ces deux sociétés, d’un côté un Etat démocratique et organisé parce qu’il en a les moyens, et de l’autre une société où quand même, des courants politiques émergent. Pour l’heure, les discours de droite dominent : sécuritaires et sans perspectives politiques.
Israel est en guerre.
On peut dire qu’Israël est en guerre depuis sa création. Ça n’a pas empêché Rabbin, ancien militaire, en période de guerre, de prendre une initiative politique. Initiative indispensable aujourd’hui en Israël comme en Palestine où il doit y avoir clarification par rapport aux islamistes dont on sait qu’avec eux, il n’y aura jamais d’accord de paix.
Pourtant, ce sont les deux camps extrêmes qui mènent la danse, l’ultra droite israélienne et les islamistes palestiniens dans un discours de catastrophisme et de négation de l’autre. Ma position, les accords de Genève, tous les accords de Genève, rien que les accords de Genève.
Qu’avez- vous à dire sur la liste Euro Palestine? Comment le PS va-t-il se démarquer franchement de la dérive islamo gauchiste ?
Je vais être honnête : aucun commentaire à une liste dont le seul objet est d’exister par la polémique. Qui n’est présente qu’en Ile-de-France et qui est totalement incongrue par rapport à l’Europe. Le meilleur service à leur rendre, c’est de n’en pas parler. Je me félicite cependant que Madame Shahid qui représente les Palestiniens en France ai condamné cette liste qui ne fait qu’instrumentaliser la cause palestinienne.
Ce qu’il eut fallu faire avec Dieudonné ?
Il a tendu un piège et la société est tombée dedans. Il ne faut pas le prendre pour ce qu’il n’est pas.C’est un clown raté, il n’a pas réussi comme comique, alors il fait scandale pour qu’on parle de lui. Taisons-nous. Aujourd’hui l’antisémitisme crée le scandale, demain ce sera autre chose, la pédophilie…
J’étais président de SOS racisme quand Houellebec et Fallacci ont sorti leurs livres. Ils voulaient de la pub pour vendre; j’ai refusé de porter plainte. Le MRAP et la LDH sont entrés dans ce jeu-là parce que c’est le leur. Eux aussi ont besoin d’exister dans les médias depuis qu’ils n’ont plus les moyens de remplir le champ politique.
Mais pourquoi ont-ils perdu leur aura, surtout la LDH ?
Parce qu’il y a une crise de l’antiracisme, qui n’est pas en soi en question. Ces associations se sont construites pendant la décolonisation, contre la domination d’une partie de l’humanité sur l’autre, pour le droit à l’émancipation des peuples.
Or, même si ça n’a pas abouti partout, aujourd’hui, il n’y a plus de pays colonisé au sens où on l’entendait. Au contraire, la diversité du Sud est entrée dans les pays du nord. Donc on a besoin d’un nouvel antiracisme qui ne soit plus l’affirmation d’une identité mais celle du métissage général. Le droit pour chacun à une identité individuelle.
Dans le métissage on n’est pas tenu à une appartenance, on a tous les droits. Le prêt à penser des années 60 n’est plus adéquat pour penser l’antiracisme d’aujourd’hui. Il y a une cohérence dans l’incompréhension de ces associations sur l’antisémitisme comme sur le problème du voile. Ils relèvent d’une vision d’avant, et qui n’a rien à voir avec ce que représente cet outil idéologique dans la période actuelle.
Ces MRAP et autre LDH ont donc subrepticement cessé d’être progressistes. Comment le PS va-t-il s’en démarquer ?
On l’a fait clairement lors du FSE. On a dit tout haut ce qu’on pensait de la présence de Tarik Ramadan, mais on n’a pas refusé de participer à des débats. Tout en condamnant sa présence. On a là entamé le travail de clarification. On va continuer.
La question qui résout et résume toutes les autres, c’est celle de l’égalité. La montée des inégalités sociales géographiques, sexistes met à mal la république.
La république doit tenir ses promesses émancipatrices. Faisons reculer la discrimination pour rendre confiance dans l’idéal républicain.
© Primo Europe, le 16 Juin 2004. Entretien mené par Sophie Chauveau
Des nouvelles de Sifaoui dans l'émission Arrêt sur images (16.10.2005)
J’ajoute ici une vidéo de l’émission « Arrêt sur images » où Mohamed Sifaoui a été confronté à Thomas Delthombe qui a rédigé un livre intitulé « L’islam imaginaire ».
Delthombe présente la thèse selon laquelle les médias ont fabriqué, pendant ces trente dernières années, un islam qui fait peur, un islam synonyme de violence et de terrorisme. Il accuse Sifaoui de faire du journalisme spectaculaire dans ses enquêtes sur les réseaux islamistes et donc, par ricochet, d’exagérer l’ampleur du phénomène et de nous présenter de faux dangereux terroristes.
Il faut regarder la vidéo à partir du tiers pour que le sujet soit abordé dans l’émission. On y verra Sifaoui perdre son sang froid face aux accusations proférées contre lui. Parallèlement, Delthombe et Olivier Roy s’opposent à la verve du journaliste engagé contre l’islamisme au nom de l’éthique du chercheur qui n’émet pas de jugement de valeur. En somme, ils se réfugient derrière la rationalité froide du scientifique, l’amoralité du positiviste, et la simple constatation des faits pour rejeter les méthodes et les conclusions d’un journaliste en guerre contre le fascisme islamique.
À un moment donné Sifaoui parlera d’un certain courant de pensée en accusant Delthombe et Roy de vouloir minimiser et même ignorer la menace du terrorisme islamique (on verra O. Roy réduire l’importance de la menace en relevant qu’un prêche appelant au Djihad, filmé en caméra cachée par Sifaoui, ne parle que de pays non Occidentaux : Iraq, Afghanistan, Tchétchénie et Palestine). C’est peut-être là la clé de toute cette polémique autour du travail du journaliste qui a dérangé tant de monde : Sifaoui montre ce qui nous empêche de nous bercer de l’illusion que tout va bien, il montre aussi ce qui nuit à toute une floppée d’intellectuels dont le cheval de bataille est que l’islam et les Musulmans sont des victimes permanentes d’un Occident incapable de raisonner sans faire d’amalgames. Cessons donc de raisonner!
Il est vrai que le vouloir dédramatiser est à la mode en ce moment et j’ai même eu un cours où le professeur ne faisait que cela : déconstruire des discours qu’il nous présentait comme dominants, comme ayant influencé la politique dans nos démocraties superficielles, de médias friands de scandales, et de populations naïves pour favoriser un jeu électoral qui ne peut plus se passer de faire peur pour faire campagne. En somme, une immense machination est dénoncée au nom de la science et, plus précisément, d’une méthode scientifique nouvelle appelée « constructivisme » . Mais ce professeur n’a jamais pensé appliquer son esprit critique à la société islamique ou à la société hindoue…
Nous sommes donc d’éternels racistes, nous refusons de faire pénitence et de voir l’Autre tel qu’il serait : toujours trop complexe pour être analysé et trop différent pour être évalué. Les politiques mises en oeuvre par nos élus amplifient donc les problèmes qu’ils sont censés combattre au nom d’un obscurantisme occidental qui se présente sous le masque du progrès. Sifaoui est confronté à des personnes qui flirtent avec la tendance x-files des intellectuels et des chercheurs: la vérité est ailleurs donc Sifaoui à tort. Il a tort car il joue sur la peur de l’inconnu et, en cela, il fait le jeu des fascistes et autres racistes lesquels, c’est bien connu, exploitent la peur. Voilà un relativisme qui prétend combattre le préjugé sur la base d’un autre préjugé: que la peur ne peut que servir les extrémes, que la peur nous pousserait à nous replier sur nous-mêmes et que donc nous deviendrions racistes par peur. Il faut donc que les français aient peur d’avoir peur et dépassent cet instinct grégaire si souvent observé dans le passé.
Par peur de commettre encore des erreurs, de produire un nouvel Holocauste, de perpétuer des politiques coloniales, de déraciner les peuples, nous devons nous réfréner de réagir et de protéger nos valeurs car c’est à cause d’elles que nous avons créé le terrorisme islamique. Parce qu’elles ne sont que le masque faussement émancipateur de l’impérialisme occidental, un mensonge, un discours fabriqué, un ensemble de slogans destinés à justifier notre domination sur les peuples asservis du tiers-monde. Pour nous en guérir, nous devons apprendre une novlangue dans laquelle toute justification de la domination théorisée par de nombreux philosophes tels Foucault et Edward Saïd deviendrait impossible. Voilà pourquoi nous n’avons pas de leçons à donner à quiconque ni même le droit de nous protéger.
La réaction arabe et iranienne aux attentats du 11/9
Le Middle East Media Research Institute (MEMRI dans les liens ci-contre à gauche) a produit un mini-documentaire intitulé « La réaction arabe et iranienne au 911, cinq ans plus tard ».
Ce documentaire vaut le coup d’oeil et même une ample réflexion à laquelle je me livrerai dans un prochain sujet, en particulier sur la réaction d’un professeur de philosophie koweïtien qui évoque « le cauchemar qui a submergé l’esprit Arabe ».
Le documentaire montre de manière ostensible la satisfaction de nombreux intellectuels, journalistes, politiciens arabes à la vue de l’effondrement des deux tours jumelles. Il montre aussi que déjà l’esprit négationniste pointe son nez lorsqu’une partie de ces mêmes élites récusent l’idée que des musulmans seraient à l’origine de l’entreprise terroriste qui visa l’Amérique, leur substituant une responsabilité juive, un complot sioniste de plus dont l’objectif serait de manipuler l’opinion mondiale au profit des intérêts d’Israël.
Ce documentaire est à voir mais je voudrais aussi prévenir le téléspectateur qui ne connaît pas le Moyen-Orient contre l’idée que les habitants de cette région seraient tous des aficionados de l’attentat-suicide et de l’intention génocidaire à l’égard des Juifs. Il y a un hiatus entre la parole, la propagande, la déclaration d’intention et le passage à l’acte pour une majorité arabe qui demeure extrêmement dépolitisée. Les théories « conspirationnistes » sont souvent reprises en choeur mais moins par souci d’action ou par engagement populaire à la lutte islamiste contre les « judéo-croisés » que pour la conversation de salon de coiffure.
Le monde arabe est une marmite dans laquelle l’eau boue mais ne déborde pas encore. Les arabes ne sont pas encore prêts ni totalement acquis aux thèses les plus sulfureuses qui sont régulièrement colportées par les médias locaux et régionaux.
Ceci étant dit, le processus qui transforme petit à petit un nombre conséquent de musulmans et d’arabes en fascistes se poursuit. Il a fallu une centaine d’années à l’antisémitisme pour devenir la clé du succès du programme électoral Nazi en Allemagne. Sur cette échelle et à ce rythme, il en reste peut-être encore dix, vingt ou trente à l’islamisme pour créer les conditions tout à fait optimales de la transformation des moyen-orientaux en une masse révolutionnaire prête à en découdre avec les régimes modérés et … les Juifs, les Chrétiens, les Occidentaux, etc.
Enfin, les « réformistes », qu’affectionne le MEMRI, pointent également leur nez pour dénoncer cette lente transformation. Ils sont là pour nous rappeler que la réalité du Moyen-Orient n’est ni toute noire ni toute blanche mais que si rien n’est fait pour enrayer la montée de l’esprit totalitaire, il ne sera bientôt plus possible de déceler la moindre nuance.
Visualizer le documentaire « The Arab and Iranian Reaction to 911, Five Years Later »




